Créations Marie-Christine Boivin

L’éducation, les compétences, la culture

Texte écrit en novembre 2006.

Dans le monde en ébullition de l’éducation au Québec, on semble oublier des morceaux du casse-tête … On parle de réforme, on parle de compétences, on ne parle pratiquement jamais de culture …

Pourquoi oublie-t-on cette partie de l’enfant à former qui demande simplement d’être intégré dans le monde qui l”entoure?

La culture est l’ensemble des habitudes de vie d”une communauté. Elle intègre aussi les arts, les traditions, les habitudes quotidiennes communes, et aussi l”histoire de tous ces éléments. Pourquoi ne prend-on pas la peine d”enseigner cela à nos enfants?

Je ne tomberai pas ici dans une démarche, vaine, de reconnaissance de notre identité québécoise, ce n’est pas le but de mon propos. Il y a quelque chose de plus universel dans ce que je crois profondément important dans la transmission de la culture. Et je veux parler ici de la culture générale, celle qui englobe toute la planète en autant qu’on puisse l’appréhender.

Les jeunes ont “une” culture, celle de leur groupe d”amis, et une “deuxième” culture, celle de leur famille, et une “troisième”, celle de la société… Le problème, car problème il y a, c’est que la culture qu’ils connaissent le plus est celle de leur groupe d’amis… la culture de la famille et celle de la société en général, viennent bien loin en arrière.

Quand et comment apprend-t-on une culture? En vivant dedans … en étant régulièrement en contact avec…. en écoutant ceux qui la connaissent en parler … en s’y intéressant …. Encore faut-il, au départ, savoir l’existence de la culture…

Et nous ne mettons pas nos enfants en contact avec la culture, autre que celle qu’ils retrouvent à l”école et dans la rue…

Comment pense-t-on, dans notre système d’éducation qui se veut de plus en plus axé sur le développement de compétences, pouvoir développer chez nos enfants un certain goût de la culture? Et, sans tenter de sortir du Québec, comment peut-on intégrer notre culture dans le développement de compétences? Comment faire connaître nos poètes, nos écrivains, nos artistes aux enfants, leur en donner le goût et l”amour, si on oriente notre enseignement vers le développement de la compétence… Pour écrire de beaux poèmes, il faut commencer par connaître ce qu’est un poème, par en lire, par apprécier la musicalité des mots. Mais pour cela il faut du temps, il faut être mis en contact doucement avec la poésie, sans que l’on nous présente cela comme le but à atteindre, comme une éventuelle compétence à développer… On peut faire la même réflexion au sujet de la musique… Gilles Vigneault a écrit bien d”autres chansons que “Mon Pays”, toutes plus belles les unes que les autres.

Et si on sort du Québec, la culture chinoise est un monde, la culture sud américaine aussi, la culture de l”Europe, plus proche de nous peut-être, est gigantesque, et influence encore notre vie. Mais pourquoi ne prend-on pas le temps de montrer cette richesse à nos enfants?

Je crois que le débat qui fait rage présentement dans le cadre de la réforme scolaire est un signal d’alarme. Avec les gens du ministère de l’éducation qui tiennent à leur réforme, avec les professeurs qui refusent de jouer le jeu et qui escamotent cette même réforme, avec les parents qui en majorité se sentent floués par la même réforme et avec les enfants qui sont bien innocents dans tout ce méli-mélo … Nous sommes à un point où nous devons prendre conscience de la voie tortueuse dans laquelle nous laissons aller nos enfants. Et surtout, réagir en les encadrant et en leur ouvrant des portes et des fenêtres vers une plus grande connaissance “globale”.

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